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 Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##

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Penelope Winchester
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MessageSujet: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Lun 26 Nov - 0:55


  • Penelope regardait inlassablement le rapport qu’elle devait remplir. Il était plus de vingt-deux heures, mais la jeune femme s’en foutait royalement. Elle travaillait nuit et jour depuis son réveil désastreux à l’hôpital. Elle passait pratiquement tout son temps assise devant cet écran, à bosser comme une malade, comme Sofia le faisait autrefois. Sofia. Sa meilleure amie, sa confidente, la seule personne sur qui elle pourrait toujours compter, n’était plus de ce monde. Penny se montrait forte, et personne ne l’avait vu pleurer l’ancienne directrice. Elle refusait obstinément de montrer sa douleur, sa tristesse, et ce sentiment d’abandon qui l’étreignait depuis que Dean lui avait annoncé la nouvelle. En moins d’une heure, elle avait appris qu’elle était atteinte d’amnésie, due à un choc post-traumatique. Elle avait oublié tous les évènements qui avaient mené à la création de sa nouvelle vie. L’homme qu’elle aimait de tout son cœur – du moins, c’est ce qu’on lui avait dit -, ses filles, sa maison. Penny nageait en plein brouillard, mais elle refusait de s’abandonner à la douleur, à la colère.

    Alors elle travaillait, avec plus d’acharnement que jamais. Cet homme, ce Dean, elle voyait bien qu’il donnerait tout pour retrouver sa femme, celle qui dormait au fond d’elle-même, et qui ne se réveillerait peut-être jamais. Il la suivait pratiquement partout. Il essayait sans cesse de recréer les scènes de bonheur comme de tristesse qu’ils avaient traversé ensemble. Mais… toujours rien, sinon un vide énorme, qui ne cessait de croître, qui l’empêchait de dormir la nuit, et de vivre comme une personne normale. Son bureau représentait son dernier sanctuaire, puisque Dean avait accepté de ne pas la déranger lorsqu’elle s’y enfermait. Elle s’en voulait terriblement d’être aussi froide, et méchante avec lui. Elle se sentait incapable de faire autrement. Mais ne croyez pas qu’il était le seul à souffrir dans cette histoire. Penny ferma les yeux, et tenta de retrouver son calme, pour éviter de laisser les larmes couler sur ses joues.

    Depuis près d’une semaine, elle inventait toutes les raisons possibles pour fuir son mari. Penelope était tout simplement incapable de soutenir son beau regard bleu. Elle y lisait tant de souffrance, mais aussi un espoir sans limite. Dean espérait qu’elle retrouverait bientôt ses esprits, qu’elle redeviendrait sa femme, celle qu’il aimait par-dessus tout. La jeune femme n’était pas idiote, ni aveugle. Elle voyait bien à quel point les sentiments qu’il éprouvait pour elle étaient forts. Lorsqu’elle posait son regard sur lui, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir des remords, parce qu’elle était incapable de lui rendre son amour. Elle l’avait tout bonnement… oublié, comme s’il n’avait jamais fait partie de sa vie auparavant. Vous pensez peut-être qu’elle ne prenait pas la peine de faire des efforts pour retrouver sa mémoire. Encore une fois, vous vous trompez. Elle passait bien souvent une bonne partie de la nuit à observer des photos prises au cours du mariage. Elle se creusait la tête, pour retrouver la mémoire. Mais il n’y avait rien. Toujours ce vide.

    Penelope aurait très bien pu reprendre sa vie de célibataire et oublier cet homme. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Une semaine plus tôt, elle était sortie dans un bar avec Jessica, pour essayer de reprendre ses esprits, de retrouver un rythme de vie un peu plus normal, ou plutôt, moins ponctué de souffrance. Si son esprit avait oublié tous les moments passés en compagnie de Dean, son corps lui, ressentait l’appel de ses douces étreintes. Elle était incapable de s’imaginer dans les bras d’un autre homme que lui, comme si un profond dégoût s’emparait d’elle à cette seule idée. Et comment continuer à vivre, en sachant que le rêve que vous chérissez le plus, c’est réalisé, mais que vous n’y avez plus accès, parce que votre mémoire fait défaut ? Elle ne doutait pas une seule seconde que Dean Winchester était un homme merveilleux. Un bonheur inaccessible, parce qu’il aimait sa Penny, celle qu’il avait épousé, trois semaines plus tôt. Pas la femme qu’elle était maintenant.

    Alors elle se tenait loin de lui, et lui montrait tout ce qu’elle avait de plus méchant en elle, alors qu’elle souffrait à l’idée de lui faire du mal. Penelope préférait donc s’enfermer dans son bureau. Pour travailler, encore et encore. Toutefois, elle sortait de l’Institut à toutes les nuits, pour aller rendre visite à ses filles, en secret bien sûr. Si, Rachel était toujours bien ancrée dans son cœur et sa mémoire, ce n’était pas le cas de Maddison. Pourtant, dès le premier regard, elle avait eu un faible pour cet enfant fragile qui lui ressemblait tant psychologiquement parlant. La directrice fut tirée de ses pensées par quelqu’un qui frappait à la porte. Penny déverrouilla la porte en usant de la télékinésie, mais ne leva pas les yeux, pratiquement certaine d’avoir à faire à Dean.

    « Dean, je te l’ai déjà dit, ne me dérange pas quand je suis dans mon bureau ! Eva, c’est toi ? Écoute, je n’ai pas envie de me disputer ce soir, et je sais que d’habitude, c’est moi qui te force à sortir de ton bureau avant 20h, mais je dois m’occuper l’esprit, j’en peux plus de cette foutue vie ! Si tu veux me faire des reproches, ou m’engueuler, prends ton mal en patience, parce que ce soir, je suis naze. »

    Toujours ce ton froid, pesant, à la limite de la méchanceté. Pourquoi se montrait-elle aussi dure avec Eva ? Peut-être parce qu’elle lui rappelait trop Sofia, et que le souvenir de sa meilleure amie était encore trop frais dans son esprit…

    « Tu veux bien arrête de penser à James ? Je sais que tu l’aimes et blablabla, mais j’en ai marre moi de tous ces bons sentiments ! Vous formez un très joli couple, mais sort de ton conte de fées, princesse. Les belles histoires ne durent jamais. Pense un peu moins fort, tu me donnes mal à la tête. »

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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Mar 27 Nov - 11:39

    Une silhouette remontait l’allée, il était un peu moins de neuf heures, et la nuit était tombée depuis un moment déjà. Pourquoi était-elle dehors ? Le besoin de regarder les étoiles, de faire le point sur sa vie. L’ironie du destin voulait qu’elle trouve sa voie au moment que son frère la perde. Ne pouvaient-ils donc pas être heureux ensemble et vivre le bonheur comme un écho ? Pourquoi s’acharnait-on sur lui ?! Il méritait ce bonheur, pourquoi le lui enlever ainsi ? Eva possédait bien des questions en réserves mais les réponses qu’elle attendait se faisaient attendre, même trop attendre. Bien sur la jeune femme n’était pas aveugle au point de voir dans le regard de Dean, la peur qu’elle ne retrouve sa mémoire. Après tout, il avait sous ses yeux la preuve flagrante que tous les amnésiques ne la recouvre pas. Eva soupira, le propre mal de Pénélope lui rappelait le sien. Depuis son enfance, elle nageait dans le noir. Son identité, elle ne la connaissait pas, son passé, le néant également. Si une personne pouvait comprendre et aider la jeune femme, c’était bien elle après tout. Cependant, Pénélope restait de glace à chacune de ses tentatives. Eva en aurait bien fait son amie, sa seule amie femme mais elle se heurtait inlassablement à une porte close.

    Dans les couloirs de l’Institut, elle croisa Dean légèrement ivre. Une nouvelle fois, il rentrait dans un état pitoyable, ce qui lui serrait le cœur. Combien de temps allait-il tenir avant de commettre une bêtise ? Tout le monde voyait un homme fort face à ses enfants, mais elle, elle connaissait la vérité. Il ne supporterait pas cette nouvelle perte. Déjà, elle le voyait se renfermer comme une huître. Eva ressentait le besoin de le secouer, de le frapper et de la faire souffrir elle. Pénélope. Pour le mal qu’elle lui faisait inconsciemment. Respire se dit-elle, elle ne devait pas craquer, rester maître d’elle-même. Facile à dire quand la personne la plus importante sur terre souffrait le martyre alors que vous lui deviez tout. Sans Dean, elle serait encore à faire anonymement des corvées ingrates dans des hôtels. Sans lui, elle n’aurait jamais connu l’amour de sa vie. Sans lui, elle n’était tout simplement qu’Eva, la petite orpheline russe. Grâce à la famille Winchester, Eva s’octroyait une place de choix sur la scène de la vie. C’est pour cette raison qu’elle se donnait corps et âme à eux et leur avait prêté serment de loyauté et d’allégeance. Jamais, elle ne trahirait les siens. Soudain, le regard de Dean rencontra le sien et elle y vit une fragilité que même elle, elle n’avait jamais aperçu. Précipitamment, elle coura vers lui pour le prendre dans les bras, le serrer contre elle pour faire quoi ? Le réconforter ? L’apaiser ? Ou tout simplement pas le perdre.

    « Elle est vivante petite sœur ! »
    « Mais oui, elle est vivante et elle travaille encore une fois très tard si j’ai bien vue de la lumière sous la porte. »
    « Non.. Pas elle.. »
    « Dean, de qui tu parles ? »
    « Abby.. Elle est vivante.. »
    « Mon dieu Dean, tu n’as pas fait ça ! Dis moi que c’est faux !! »

    Dean se laissa tomber contre le mur en pleurant silencieusement et Eva le regarda complètement désespéré. Là, il allait lui filer entre les doigts. Elle connaissait trop sa façon de fonctionner. La jeune femme aida son frère à se relever et le conduisit dans sa chambre. Durant l’heure qui suivit, elle le regarda, impuissante, rédiger une lettre. La jeune femme ne pouvait la voir mais elle connaissait d’instinct son contenu. Elle le supplia du regard de ne pas le faire mais il souffrait trop et si c’était sa manière a lui de soulager cette douleur, alors que pouvait-elle faire d’autre que d’assister à ce spectacle morbide ? Dean resta silencieux un moment avant de se relever et de la regarder, plus aucune étincelle dans son regard. A ce moment même, Eva ne ressentait que de la colère. Elle voulait lui hurler dessus, le frapper. Il ne pouvait pas l’abandonner ainsi !

    « Alors tu pars comme un lâche, tu abandonnes une nouvelle fois ! »
    « Que veux-tu que je fasse d’autre ? Elle me pardonnera jamais.. »
    « Non, tu te le pardonnera jamais nuance ! Bon sang Dean, tu as une famille, elle compte sur toi ! Pénélope compte sur toi-même si ton stupide cerveau de poisson rouge ne le remarque pas. »
    « Ne pleure pas Eva, je reviendrai quand j’aurais fait le deuil de cette vie gâchée. »
    « Combien de temps vas-tu partir cette fois ? Un an, cinq ans ? Jamais ?! Tu es un lâche, je te déteste Winchester. »
    « Je suis désolée petite sœur ! J’en ai juste assez d’être toujours le dindon de la farce, le dragueur et comique de service. J’en ai marre de toujours montrer que je suis fort ! J’encaisse et je ferme ma gueule. Accorde moi le droit d’être faible, juste une seule fois. »

    Sans un mot de plus, il lui glissa une enveloppe dans la main et lui baisa la joue, dans un ultime au revoir, avant de lui souffler quelques mots en russe. Non, leur histoire ne pouvait se terminer ainsi ! Elle ne l’acceptait pas mais Dean savait qu’en la plaçant en tant que témoin, elle ne dirait rien et n’interviendrait pas. C’était la règle qu’ils avaient instaurée il y a bien des années. Ne pas interférer dans la vie de l’autre quand celui-ci prononçait cette formule. De tristesse et de rage, ses larmes coulaient le long de ses joues. Oh oui, elle détestait Pénélope Winchester. Elle détestait Abigaïl Dunst. Elle se détestait. Eva se dirigea vers la salle de bain et sécha ses larmes avant de se refaire un masque sans émotion. La jeune femme devait faire son devoir désormais. Pénélope devrait être une nouvelle fois encore en train de travailler. Courage se dit-elle avant d’emprunter le chemin vers leur bureau.

    Après un ultime soupir, elle toqua à la porte, figeant ses pensées sur la seule chose qui lui permettait de tenir ces temps-ci. Son amour pour James. Sans lui et son soutient, elle aurait sans nul doute déjà craqué. Pénélope lui ouvrit et quand elle commença à s’adresser à ce qu’elle pensait être Dean, Eva redoubla d’intensité au niveau de ses pensées vis-à-vis de James. Elle ne devait pas craquer, garder la tête haute et le regard fier.

    « Tout ne tourne pas autour de votre personne dans mon existence, mademoiselle Mitchell. Je viens simplement chercher un dossier. Le reste ne me regarde pas. »

    Décidément, son accent russe ressortait définitivement beaucoup plus quand elle s’exprimait si froidement. Bien sur elle mentait honteusement mais elle n’en avait cure. Si seulement elle pouvait la faire réagir et cesser de subir cette méchanceté refoulée. Pénélope étant sans contexte la personne qui lui en voulait le plus pour la mort de Sofia bien qu’elle n’en soit en rien responsable. A la longue, les nerfs d’Eva commençait à saturer et gare à l’explosion. Explosion qui se produisit dans la foulée suite à la nouvelle attaque de sa collègue. Sans se contrôler, Eva se dirigea vers elle et lui administra une gifle magistrale.

    « Ça suffit !! J’en ai assez, je ne supporte plus ! Dites moi les choses en face, une bonne fois pour toute ! Mais avant je vais vous dire quelque chose. Ce n’est pas moi qui aie commis les attentats, ce n’est pas moi qui aie tué votre amie. Si vous voulez un coupable trouvez en un autre que moi. Je suis fatiguée et j’en ai marre de me battre contre un fantôme. Je suis venue ici pour aider celui que je considère comme mon frère et non pour remplacer Sofia McPherson. Mes avis ne vous plaisent pas ? Mes décisions ne vous satisfont pas ?! Et bien allez y, prenez la direction, rameutez tous les mutants ici mais que croyez vous qui va se passer quand le bruit va se savoir qu’il y a un domaine qui accueille de plus en plus de jeune ? Je vais vous le dire ! Une enquête administrative qui va mettre en exergue le fait que nous abritons des humains. Et qui va être au courant ? Les mêmes personnes qui ont tué Sofia. Alors vous voulez que ça recommence ? Et bien allez-y. Vous ne connaissez pas nos ennemis mademoiselle Mitchell. Moi si ! Cessez de vous prendre pour le nombril du monde car j’en ai marre. Vous ne connaissez rien de ma vie et je vais vous dire une chose. Vous croyez être la seule à souffrir avec Dean dans cette histoire ? Et bien non, vous êtes télépathe pourtant ! Vous avez encore la chance de posséder vos souvenirs, de savoir qui vous êtes. Autour de vous, il y a encore du monde qui peut vous aiguiller, vous réconforter. Moi, je n’ai pas eu cette chance. Vous semblez surprise ? Et bien oui, je suis amnésique depuis aussi loin que remonte mes souvenirs. Je n’ai jamais eu personne sur qui compter jusqu'à Dean puis James. Alors vos idées préconçues et bien vous pouvez vous les garder. Si je veux croire en mon amour pour James, vous n’avez pas le droit de me l’enlever. Vous m’avez déjà suffisamment fait de mal en m’enlevant Dean. Alors ça suffit ! Arrêtez de vous cacher alors que je sais très bien que vous essayez de retrouver la mémoire. Je sais ce que c’est et si vous n’étiez pas si obtus, j’aurais pu vous aider. Mais non, Eva Linberg n’est qu’une prétentieuse arriviste qui ne désire qu’une chose, prendre la place de Sofia McPherson. Si vous saviez comme je m’en veux de la détester chaque jour que dieu fait. »

    Eva s’arrêta enfin de parler. Une nouvelle fois les larmes coulaient sur ses joues et elle les essuya de rage contenue. N’empêche, elle se sentait beaucoup mieux maintenant qu’elle venait de soulager son cœur. Cela faisait des semaines que cela couvait en elle et maintenant que tout était sur la table, elle se sentait apaisée d’une certaine manière.
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Penelope Winchester
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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Mer 28 Nov - 2:26

  • Penelope ferma les yeux. Une douleur infernale lui vrillait le crâne. Elle en avait marre de cette solitude, de ce masque invisible qu’elle portait en permanence. La jeune femme refusait de laisser entrer quiconque dans sa vie. À quoi bon ? Après tout, l’amour était peut-être source de bonheur pendant un moment, mais toutes les belles histoires se terminent mal, c’est bien connu. Penny en était la preuve vivante. Les jours passaient, et ce vide immensément grand ne cessait de croître dans son cœur, qui avait à peine le temps de se remettre des blessures qu’on lui infligeait. Qui aurait pu penser, que derrière cette femme forte, fière, indépendante, se cachait une personne fragile, brisée par les obstacles qu’elle avait dû franchir au cours de son existence. Pourtant, elle continuait de se battre, de s’acharner au travail, de venir en aide à tous ceux qui en avait besoin. Elle était toujours présente pour les autres. Penelope refusait de laisser de pauvres mutants vivre l’enfer qu’elle avait elle-même vécu pendant son adolescence.

    Mais plus maintenant. Penny était sur le point de craquer, de tout abandonner. Elle n’y comprenait rien. Pourquoi ? Pourquoi devait-elle souffrir ainsi, alors qu’elle était prête à donner sa vie pour sauver celle des autres ? Elle n’avait plus envie d’affronter de nouvelles épreuves. Par moment, elle avait simplement envie de s’effondrer au sol, de tout laisser tomber. Auparavant, une seule et unique personne réussissait à lui remonter le moral. Sofia. Sa meilleure amie lui tendait toujours la main, pour l’aider à remonter la pente. Mais cette fois, elle n’était pas là. Penelope se retrouvait seule, face aux dangers, face à tout ce mal qui l’entourait. Encore et toujours cette terrible solitude. Il lui aurait suffi d’un mot pour que quelqu’un vienne auprès d’elle, mais elle se sentait incapable. Les sons mourraient dans sa gorge, comme si la peur d’être déçue une nouvelle fois la figeait sur place. La demoiselle ne tiendrait pas la route encore longtemps. Elle noyait son chagrin, son mal d’être, dans le travail, puisque c’était son seul moyen pour s’évader, pour oublier qu’elle avait raté sa vie de A à Z.

    Une question obsédait toutes ses pensées depuis qu’on lui avait annoncé qu’elle était amnésique. Penelope était incapable de la chasser, comme si elle était bien ancrée dans son esprit. Pourquoi avait-elle survécu à cet attentat, pourquoi elle, et pas Sofia ? Et toutes les autres victimes ? Son séjour sur Terre aurait dû se terminer un mois plus tôt. Penny s’en voulait, parce que maintenant, elle était condamnée à faire souffrir tous ceux qui l’aimaient. Une larme roula sur la joue, et ses épaules s’affaissèrent, comme si le poids de sa souffrance était devenu trop lourd à porter. Elle posa son regard sur l’un des tiroirs de son bureau, qu’elle ouvrit doucement. Penny cherchait un objet en particulier, qu’elle attrapa tout aussi délicatement. Elle caressa doucement la photo du bout des doigts. Le souvenir immortalisé irradiait le bonheur d’une famille unie, qui s’aimait au-delà des mots. Un couple, enlacé, tenait deux petites filles dans leur bras. Une blondinette, et une brunette, âgée d’un peu moins de dix ans. L’homme et la femme souriait, comme s’il détenait le plus beau trésor qui soit sur Terre. Sa famille. Celle qui attendait son retour depuis maintenant un mois.

    Dean Winchester, l’homme qu’on apercevait sur la photographie, espérait le retour de sa femme, de sa Penny, celle qu’il avait épousé et juré d’aimer jusqu’à ce que la mort les sépare. La demoiselle voyait cette lueur d’espérance à chaque fois qu’elle croisait son beau regard bleu océan. Elle tentait par tous les moyens d’ignorer les paroles silencieuses qu’il lui lançait. Elle était incapable de le soutenir, de lui apporter son aide, puisqu’elle était la cause de tous ses malheurs. Penelope continuait à se montrer froide, détachée, presque sèche. Et à chaque fois, elle avait l’impression d’enfoncer un poignard dans son cœur meurtri. Meurtri par elle. Elle refusait de lui ouvrir la porte de sa vie, et elle le laissait pantelant, déçu, sur le pas de cette dernière. Elle agissait de la sorte pour son bien, croyez-le ou non. Penny ne pouvait rien lui offrir, son amour pour lui semblait s’être volatilisé. Et plus que tout, elle avait mal en le voyant ainsi. Elle ne doutait pas une seule seconde qu’il s’agissait d’une personne exceptionnelle, et elle ne voulait pas le faire souffrir plus que maintenant.

    La jeune femme détourna son regard de la photo, qu’elle rangea dans le tiroir qu’elle fermait toujours à clef. Elle ferma le dossier qu’elle avait ouvert deux heures plus tôt. Elle n’arrivait pas à bosser, le visage de Dean, de ses filles, hantaient continuellement ses pensées. Ses deux petits anges. Rachel et Maddison. Penny, lorsqu’elle était entrée en douce dans la chambre de son aînée pour la première fois, avait été surprise de la voir si heureuse et si épanouie. Penelope l’avait longuement bercé, en écoutant ses paroles d’enfant, qui relatait les exploits et les bêtises de son père. Son cœur se serra en découvrant tout ce qu’elle laissait derrière elle. Parce que toutes les amnésiques ne retrouvent pas toujours la mémoire. Parce que les princesses n’ont pas toujours droit à leur conte de fées.

    Penelope soupira, et sursauta légèrement lorsque quelqu’un poussa la porte. Pendant un instant, elle crut à faire à Dean, mais il s’agissait d’Eva, la meilleure amie de ce dernier, et la nouvelle directrice de l’Institut. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de ressentir de la colère envers cette femme. Pourtant, Eva n’avait rien fait de mal, elle était innocente en tout point. Alors pourquoi Penny s’acharnait-elle à lui faire vivre un enfer ? La pauvre devait subir les sautes d’humeur de sa co-directrice, qui ne digérait toujours pas la mort de Sofia et sa perte de mémoire, qui entraînerait très certainement, la séparation de sa famille. C’est donc sur un ton glacé et emprunt d’une grande fatigue qu’elle lui envoya une pique bien sentie. Certes, elle était épuisée, mais elle essayait plutôt de dissimuler son désespoir. Si habituellement, elle arrivait à merveille à tromper tout le monde, ce soir, ce n’était pas le cas.

    « Si tu le dis. »

    Penelope enchaîna sur un sujet sensible. Elle percevait instinctivement les pensées d’Eva. Si cette dernière s’efforçait de penser à James, la jeune femme, télépathe de haut niveau, voyait bien qu’elle essayait plutôt de cacher quelque chose. La suite, elle ne l’avait pas prévu. La directrice lui prodigua un sermon. Elle déversa sur elle toute la rancune et la colère qu’elle avait accumulées. Penny ne broncha pas, elle l’écouta parler, sans rien dire. Mais ses deux yeux marrons lui criaient quelque chose qu’elle ne semblait pas entendre. Aide-moi. La gorge de la demoiselle se serra, et elle enchaîna, sur un ton ou sa souffrance se mêlait à sa rage. Elle pouvait supporter des tas de chose, mais pas ça. Adieu la diplomatie, dans des cas comme celui-ci.

    « Tu trouves peut-être que j’agis de façon irresponsable en ouvrant notre porte aux mutants, mais tu as tort ! Tu ne me connais pas, tu ne sais rien de moi. Tu n’as jamais pris la peine de te demander pourquoi j’étais si ouverte ? Je refuse catégoriquement de laisser d’autres mutants subirent ce que moi j’ai vécu ! Si l’Institut ne m’avait pas accueilli, il y a dix ans, je serais probablement morte ! Je ne peux pas nier que tu fais du bon boulot, mais tu ne peux pas comprendre. Ta vie n’est pas menacée simplement parce que tu possèdes un foutu pouvoir, qui bien souvent, t’apporte seulement la douleur et la souffrance ! As-tu été abandonnée, rejetée par ta famille, parce que tu étais porteuse du gène X ? Non. D’accord, la vie ne t’a pas épargné, et je suis contente pour toi si tout va bien maintenant. Tu as eu Dean pour te sauver, moi j’ai eu l’Institut, et Sofia ! On peut offrir notre aide à des mutants qui en ont vraiment besoin, leur donner une seconde chance ! Et si tu veux tout savoir, je n’en peux plus de cette vie ! J’aurais… j’aurais dû mourir dans cet attentat. Tu crois peut-être que je me fous de Dean, de nos enfants, mais c’est faux. J’ai toujours affronté toutes les épreuves toute seule. Quand je me suis réveillée, j’ai découvert que tous mes rêves s’étaient réalisés, j’avais enfin une famille, mais que je n’avais aucun souvenir de ces évènements. Tout ce que je fais maintenant, c’est apporter le malheur à les souffrances à toutes ces personnes m’aiment au point d’être prêt à mourir pour moi ! »

    Incapable de contenir ses larmes plus longtemps, deux torrents se formèrent sur ses joues. Elle n’esquissa pas même un geste pour les essuyer. Elle restait assise, impuissante sur sa chaise, alors qu’elle avait envie de pleurer, d’hurler. Elle pleura longuement, sans un mot. Maintenant qu’elle avait enfin pu se montrer honnête avec quelqu’un, elle comprenait à quel point sa méchanceté gratuite envers Eva était inutile. Elle avait raison. La détester ne ferait pas revenir Sofia, et ne l’aiderait pas à retrouver sa mémoire. La jeune femme n’avait plus envie de s’enfermer derrière les murs protecteurs de sa forteresse intérieure. On lui avait tout arraché. Sa vie, ses souvenirs, son mari, ses enfants, sa meilleure amie…

    « Je suis désolée, pour tout. J’ai déversé sur toi la rage que je ressentais, et que je tentais de cacher. Tout va trop vite, je tiens plus le coup. Je veux retrouver ma mémoire, ma place auprès de ma famille, mais je n’y arrive pas ! Je n’aurais pas dû te refuser mon amitié et mon appui. » termina-t-elle, dans un ultime sanglot.

    À cet instant, elle ne doutait pas que tout était peut-être perdu. Le bonheur lui filait une nouvelle fois entre les doigts. Qu’avait-elle fait, pour qu’on la condamne à vivre une telle vie ?
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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Jeu 29 Nov - 1:19

    Enfin, elle avait réussit à obtenir un semblant de réaction en la jeune femme. Eva s’en félicitait même si elle voulait la secouer pour lui faire entendre raison. Certes, son point de vue ne plaisait pas à personne mais elle ne voulait que le bien de l’Institut. Pour le moment, il fallait se montrer réaliste. Elles ne pouvaient aider tous les mutants et donc Eva exigeait qu’elles fassent le « tri ». Dans un certain sens, cette dispute tombait à point nommé, permettant ainsi aux deux jeunes femmes, de mettre carte sur table, une bonne fois pour toute. Peut être qu’elles ne pourront jamais devenir amies mais si déjà, elles travaillaient main dans la main et non à couteaux tirés, l’Institut ne pourrait que mieux se porter. A la fin de son discours, Pénélope fondit en larme et Eva comprenait le message derrière son regard implorant. Elle voulait de l’aide et la jeune femme se portait volontaire pour cette mission. Toutefois, n’était-ce pas trop tard ? Après tout, elle connaissait le contenu de la lettre de Dean, celle qu’elle tenait présentement dans sa main. Pourrait-elle briser son serment pour elle ? Eva ne saurait le dire. Dans un premier temps, elle devait faire reconnaître la vérité à Pénélope, concernant l’actuelle politique de l’école. Comme une grande sœur pourrait le faire vis-à-vis de sa petite sœur, Eva sortit un mouchoir et le tendit à Pénélope, son regard beaucoup plus doux.

    « Difficile d’être rejetée par ses parents quand on a grandit dans un orphelinat. Je ne sais pas ce que c’est d’avoir une famille. En fait, les Winchester sont tout ce que j’ai pouvant se rapporter à ce terme. Ce que je sais, c’est la solitude qu’entraîne l’amnésie. Le fait de ne pas savoir, la peur de ne jamais se rappeler. Pour vous c’est beaucoup plus difficile puisque vos souvenirs remontent avant la perte de votre amie. Pénélope, ce n’est pas en vous réfugiant dans le travail que les problèmes vont disparaître. Il vous faut vivre comme avant ce drame, chercher à faire des gestes qui vous paraissent étranger à votre façon de vivre de l’époque. Pour ce qui est de l’Institut, nous sommes obligés d’agir ainsi. Si vous voulez les aider, il faut aller petit à petit, étape par étape. A l’heure actuelle, une nouvelle attaque nous serait fatale. Je ne cherche pas à faire de l’Institut une entreprise quelconque. Je vois ça d’un œil objectif, avec un recul étranger et humain. C’est en agissant ainsi que nous pourrons les aider du mieux que nous pouvons mais nous devons admettre que l’ennemi est beaucoup plus fort pour le moment. »

    Eva posa une main tendre sur la joue de Pénélope avant de faire quelque chose dont elle ne se serait jamais crue capable, il y a encore dix minutes. Prendre la jeune femme dans ses bras pour la consoler. Pénélope avait besoin de soutient et non de leçon de moral mais Eva était pressée par le temps. Elle connaissait suffisamment Dean pour savoir que plus le temps s’écoulerait et plus il sera dur de le faire revenir sur sa décision. Or, elle savait qu’il ne changerait pas d’avis tant que sa femme ne serait pas totalement remise. Seule, elle, pouvait le ramener et cela lui coûtait de le reconnaître.

    « Je vous propose qu’on enterre la hache de guerre et que nous nous concentrons sur ce qui doit être fait. Vous faire retrouver la mémoire pour le bien de votre famille et celui de l’Institut. Malheureusement, j’ai une mauvaise nouvelle. Je suis désolée mais Dean est parti en vous laissant la garde de vos deux filles. Je ne sais pas quand il reviendra mais il m’a laissé une lettre à votre attention. »

    Elle tendit le bras pour récupérer la lettre qu’elle avait posé sur le bureau avant de prendre Pénélope dans ses bras et la lui donna. Eva l’encouragea d’un regard à la lire. Si seulement ça pouvait faire en sorte de l’aider à ce souvenir. Il lui restait une chance contrairement à elle. Cela faisait bien longtemps qu’elle avait perdu tout espoir de découvrir la vérité sur elle-même. Alors si elle pouvait lui venir en aide, Eva fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’aider.
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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Jeu 29 Nov - 5:38


  • Penny se sentait un peu mieux, maintenant qu’elle avait consenti à partager le poids de sa souffrance avec une autre personne. Elle regrettait d’avoir fait preuve de tant de méchanceté envers sa collègue. Après tout, Eva ne voulait que lui venir en aide, et c’est ce qu’elle avait fait, peut-être de façon inconsciente, en la repoussant dans ses retranchements, en l’obligeant à crier sa rage, sa colère. En quelques minutes, elle avait détruit toutes les protections derrière lesquelles se cachait la vraie Penelope. Elle dissimulait ses faiblesses derrière l’image de la femme forte, fière, et indépendante. La jeune femme ne pleurait pratiquement jamais en public. Elle jouait le jeu, se taisait, encaissait, et gardait toujours le sourire. Mais lorsqu’elle se retrouvait seule, sa peine éclatait au grand jour. Elle était pratiquement inconsolable. Certaines personnes arrivaient à la tirer de ce cauchemar éveillé. Une seule, pour être honnête. Sa meilleure amie, mais cette dernière n’était plus de ce monde. Penny se sentait abandonnée, trahie de tous parts. Pourtant, elle était entourée d’une personne qui ne demandait qu’une seule chose : une place dans son cœur. Dean. Encore et toujours lui. Depuis un mois, elle essayait par tous les moyens possibles et imaginables de retrouver la mémoire. Pour lui, pour elle, pour eux.

    « Les Winchester étaient aussi mon unique famille. Je suis persuadée que Dean m’a apporté le plus grand bonheur qui soit. Mais je n’y ai plus accès. J’ai tout oublié ! Je ne sais plus rien d’eux, alors que mon mari et mes enfants étaient mon trésor, la chose la plus importante à mes yeux ! En ce moment… c’est le vide. Un immense trou noir qui ne cesse de croître. Et cette solitude. J’ai essayé. Dean passe des heures interminables avec moi à me raconter tout ce qu’on a pu faire ensemble. Mais je vois que parler de nous le fait souffrir, et par-dessus tout, il n’y aucun résultat. Je nage dans l’inconnu, comme à mon réveil à l’hôpital. Je préfère m’enfermer dans ce bureau, travailler m’occupe l’esprit, et je n’ai pas l’impression de détruire la vie de ceux qui m’entourent. Pour ce qui est de l’Institut, tu as raison. On arrivera sûrement à faire quelque chose ensemble, on pourrait même former une très bonne équipe. »

    Elle était sincère en affirmant qu’elle était prête à travailler avec Eva. Après tout, elles avaient un but commun. Les deux directrices ne voulaient que le bien de l’Institut. Penelope désirait aider tous les mutants qui en réclamaient leur assistance, mais elle ne pouvait pas sauver le monde. Penelope laissa donc son orgueil et sa fierté de côté, pour se ranger du côté de la jeune femme. Elle aurait dû faire preuve d’un peu plus de bon sens. En écoutant Eva, elle comprenait que la demoiselle n’avait pas eu la vie facile, étant elle-même amnésique. Penny regardait la situation d’un œil plus objectif. Elle se devait de faire son deuil de Sofia, pour ne pas s’enfoncer encore plus profondément dans les ténèbres. Elle n’avait tout simplement pas le droit d’abandonner le combat. Elle se savait capable d’affronter les épreuves à venir. Mais, elle n’était plus seule maintenant. Les choses avaient très mal commencé entre Penelope et Eva, et sans aucune raison. La nouvelle directrice était seulement débarquée au mauvais moment. La mutante était prête à faire équipe avec sa nouvelle collègue. Les yeux de Penny brillaient encore, illuminés par les larmes. La jeune femme, d’un geste hésitant, la serra dans ses bras, après lui avoir tendu un mouchoir. Un sourire timide se dessina sur ses lèvres.

    « Merci. J’ai fait une erreur, et j’espère que tu me le pardonneras. Si on fait un petit effort, et qu’on laisse nos vieilles rancunes de côté, je crois même qu’on arriverait à devenir amies. Pour ce qui est de ton amnésie, si tu veux, je pourrais sonder ta tête, et essayer d’y retrouver des bribes de souvenir. J’ai déjà essayé sur la mienne, mais mes souvenirs sont bloqués derrière une barrière que je suis incapable de détruire. Au fait, tu peux me tutoyer si tu veux ! »

    Penelope retrouvait peu à peu sa joie de vivre. Mais cette fois, elle était réelle, et non feinte. Cet instant de répit ne dura pas, cependant, puisqu’Eva lui annonça une nouvelle qui la glaça d’effroi. Dean était parti, en lui laissant la charge de leurs deux petits trésors. Sa gorge se serra, tout comme son cœur, qui était sur le point d’exploser. Penny se souvenait parfaitement des mots qu’il avait prononcés lors de son éveil. Il lui avait juré qu’il protégerait leurs filles, quoiqu’il advienne, et que personne ne pourrait jamais leur faire de mal. Et pourtant, c’est lui qui leur causerait du mal en les abandonnant. La jeune femme adorait Maddison et Rachel, mais elle ne pourrait jamais combler le vide affectif que le père créerait en partant.

    « Pourquoi est-il parti ? Il n’a pas le droit ! Il ne peut pas abandonner les filles, elles ne supporteront pas son absence… »

    Les yeux de Penelope s’embuèrent de larmes une nouvelle fois. Elle attrapa doucement l’enveloppe que lui tendait Eva, et la regarda longuement avant de l’ouvrir. La lettre était courte, mais un autre document y était joint. Elle entama la lecture, après avoir rassemblé tout le courage dont elle était dotée. Si le début du texte l’inquiéta grandement, la suite n’arrangea pas les choses, bien au contraire. Lorsqu’elle eut terminée, elle jeta un coup d’œil aux autres feuilles. Une demande de divorce, signée Dean Winchester. Penny respira un grand coup, avant de fermer les paupières. Inconsciemment, elle avait prévu que ce moment viendrait, un jour ou l’autre. Mais la situation qu’elle avait imaginée ne se comparait même pas à la réalité.

    « Il est trop tard. »

    Penelope figea. Plus un geste, plus un mot. Pendant plusieurs minutes, elle resta dans cet état près de l’inconscience. Jusqu’à ce qu’une larme roule sur sa joue. Depuis un mois, l’éclat des yeux bleus de Dean ne cessait de se ternir, jusqu’à s’éteindre complètement. Elle le voyait dépérir sous son regard, sans pouvoir intervenir. Et c’est maintenant, qu’elle retrouvait enfin ses souvenirs. Trop tard. Soudainement, elle se sentie inondée par un flot sans précédent de sentiments concernant l’homme de sa vie. Penny avait tout en tête. Le mariage, la nuit de noces, la torture. Elle fut secouée de spasmes au souvenir de l’horreur qu’elle avait vécue. Elle avait cru l’avoir perdu pour toujours. Pourtant, il était revenu la chercher. Une fois de plus, il avait arraché sa femme des griffes de la mort. Penny n’aurait plus jamais droit à ses baisers. Son sourire tendre lui manquait terriblement, tout comme ses étreintes si rassurantes. La jeune femme aurait tout donné pour se retrouver près de lui, pour l’entendre murmurer des mots doux au creux de son oreille. Penelope avait tué leur couple, elle avait été incapable de lui rendre son amour, elle l’avait laissé tomber, alors qu’il était dans un état critique.

    La terreur qu’elle avait ressentie à l’idée d’avoir perdu son mari l’avait poussé à l’oublier. Son subconscient, pour l’empêcher de sombrer dans la folie suicidaire, avait bloqué tous les souvenirs en lien avec Dean. Elle ne l’avait pas perdu. Il était toujours là, et il attendait impatiemment le réveil de sa Penny, celle qui dormait toujours au fond d’elle-même, celle dont il était complètement fou amoureux. C’est en voyant la lettre de divorce, en comprenant qu’elle était réellement sur le point de le voir disparaître de sa vie définitivement, qu’elle libéra tous ses souvenirs. Penelope revoyait tous les moments qu’elle avait partagés avec lui, tous les baisers qu’ils avaient échangés, toutes les promesses et les vœux qu’ils avaient formulées. Elle l’aimait, au-delà de la mort. Elle refusait de tout abandonner. La vraie Penny croyait fermement en son couple, en leur amour mutuel. Et justement, elle était de retour.

    « Qu’est-ce que j’ai fait ? Il a dû vivre un enfer pendant un mois. J’aurais dû prendre soin de lui. Je me souviens de la terreur que nous avons vécu cette nuit-là. Comment ai-je pu l’abandonner, alors qu’il avait tellement besoin de moi ?! Je l’ai pratiquement poussé dans les bras de cette autre femme. Je ne veux pas qu’il parte ! Il doit revenir, il n’a pas le droit de me laisser. Maddison et Rachel ont besoin de lui ! J’ai besoin de lui ! »

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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Lun 3 Déc - 16:47

    Eva haussa les épaules quand Pénélope émit la possibilité qu’elle fouille dans ses souvenirs. Elle avait tellement essayé de télépathe qu’elle n’y croyait plus trop. D’après le dernier, son amnésie serait l’œuvre d’un mutant qui lui aurait effacé ses souvenirs. Dans quel but ? Flou artistique. La jeune femme ne se préoccupait plus de sa condition, elle vivait sa vie et elle en était heureuse comme ça. Pourquoi revenir sur un passé oublié. Elle n’avait aucune famille, aucune idée de ce qu’elle avait perdu. Si elle avait été dans la situation de sa collègue, oui, elle aurait accepté mais là, elle n’y voyait rien de bon à se souvenir.

    « Merci Pénélope mais j’ai déjà essayé un bon nombre de télépathe et le dernier m’a fait comprendre que mon amnésie serait le résultat de l’un d’eux. La seule chose qui me reste, c’est mon médaillon et puis si on m’a enlevé mes souvenirs, c’est peut être pour une bonne raison. Cela n’a plus grande importance. Je serais ravie qu’on devienne amies toutes les deux mais je sais qu’il te faudra du temps. En attendant, tu pourras compter sur moi pour t’aider de mon mieux. »

    Elle accompagna sa promesse d’un charmant sourire, celui qu’elle réservait à si peu de personnes. En voyant la sincère joie de vivre de Pénélope, Eva se sentit coupable. Elle devait maintenant la lui ôter en lui donnant la lettre de Dean. Par moment, elle l’aurait bien étranglé pour lui faire entrer un peu de plomb dans sa cervelle mais il restait également son patron, quoiqu’elle fasse ou dise. D’une main hésitante, elle transmit alors la lettre et regarda, anxieusement, Pénélope la lire. Oh Dean qu’est ce que tu as fait pensa-t-elle en voyant les larmes revenir dans les yeux de sa collègue.

    « Il reviendra, il revient toujours ! »

    Seulement, elle n’y croyait pas trop. Elle se rappelait encore de l’état dans lequel elle l’avait ramassé, il y a quelques années quand il avait perdu Abigaïl. Dean était resté prostré et inconsolable durant des semaines avant de sombrer peu à peu dans l’alcool. Fort heureusement, ils avaient réussi à le sortir de son enfer personnel et à lui redonner le goût de la vie. Pénélope, quant à elle, lui avait redonné son espoir, son sourire et son étincelle de joie dans son regard. Dans un sens, elle comprenait Dean, on lui donnait tout pour lui reprendre dans la foulée. Le cauchemar se répétait sans cesse et même le plus solide des hommes craquerait sous la pression. Une chose d’étrange se produisit, peu à après qu’elle eut prononcé le fatidique trop tard, Pénélope zona durant quelques minutes. Eva commença à paniquer en voyant les pupilles dilatées de la mutante jusqu'à ce qu’elle comprenne ce qu’il se passait sous ses yeux. Elle recouvrait la mémoire. Fabuleux, tout n’était pas trop tard ! Patiemment, elle attendit que Pén’ reprenne pied dans le monde réel, cherchant tous les moyens de lui donner l’adresse du refuge de Dean sans compromettre sa promesse. Elle ne souhaitait pas trahir Dean mais elle ne voulait pas être la personne qui l’aurait laissé faire la pire connerie de sa vie. Au bout de quelques minutes, elle revint à elle et se lança dans une longue tirade. Eva la fit se rasseoir et lui prit son visage entre ses mains pour qu’elle la regarde.

    « Calme toi ! Tout n’est pas perdu, je sais où il est mais j’ai fait une promesse que je ne peux rompre. Il m’est interdit de te révéler son refuge mais comment je pourrais résister à une intrusion mentale, il est vrai que je suis une simple humaine. » Ajouta-t-elle en souriant malicieusement.

    Tout de suite, elle sentit Pénélope pénétrait à l’intérieur de son esprit et elle lui livra bien volontiers cette information. En voyant cette dernière se relevait prête à partir, elle l’arrêta et lui tendit une paire de menotte en souriant bien gentiment.

    « Je crois que tu vas en avoir besoin, il a tendance à courir plus vite que son ombre et à ma connaissance, il n’arrive toujours pas à se dématérialiser en présence de métal. Ramène le moi Pénélope, c’est tout ce que je te demande. Soyez heureux ensemble. »

    Eva baisa la joue de Pénélope et lui ouvrit la porte en souriant chaleureusement même si elle ressentait une pointe de tristesse. Son grand frère ne lui appartenait décidément plus maintenant et elle devait se faire une raison. Cependant, elle devait admettre qu’elle ne ressentait pas autant de douleur qu’elle l’avait pensé. Peut être est-ce tout bonnement parce qu’elle n’était plus seule au monde.

    « Avant que tu partes, je dois te dire quelque chose. La femme avec qui, il t’a trompé, c’est Abigaïl. Elle est toujours vivante. C’est ma faute, je pensais qu’il ne le découvrirait jamais, j’aurais du lui en parler bien avant. Je suis désolée pour cette erreur, j’espère que tu me pardonneras Pénélope. Si ce n’est pas le cas, je comprendrais. »

    [Hj : je te laisse conclure le RP car je me doute que tu dois être pressée de récupérer ton mari XD]
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Penelope Winchester
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MessageSujet: Re: Et si on enterrait la hâche de guerre ? ## Eva ##   Lun 3 Déc - 19:59

    Penelope se sentait réellement désolée pour Eva. Mieux que quiconque, elle comprenait ce sentiment. Le cœur de la jeune femme se serra à cet instant. Une fois de plus, elle avait la preuve que l’homme qu’elle avait épousé était merveilleux. Dean était venu en aide à la nouvelle directrice, sans jamais rien attendre en retour. Comme il le faisait maintenant avec elle. Penny voyait bien qu’il souffrait, et avec raison. On lui arrachait sa femme du jour au lendemain. La demoiselle ne pouvait rien pour lui. Dès qu’elle s’approchait de lui, elle plantait un nouveau poignard dans son cœur. Elle aurait tout donné, tout, pour retrouver la mémoire. Elle était la seule personne qui pourrait atténuer sa douleur, et Penelope en était parfaitement consciente. Il ne voulait pas de la femme qu’elle était actuellement, il désirait retrouver sa Penny, celle qu’il aimait et chérissait plus que tout au monde. C’est en écoutant parler ses filles, qui s’amusaient à lui raconter les exploits de leur père, qu’elle en découvrait un peu plus sur cet homme. La nuit, lorsqu’elle les berçait en chantant de douces mélodies, elle tentait de les rassurer, de leur faire comprendre que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mais ses belles paroles ne suffisaient plus. Penelope Winchester devait absolument revenir, ou la jeune femme perdrait à jamais les membres de sa famille.

    Penny sursauta légèrement en entendant la voix d’Eva. Elle avait laissé ses pensées vagabonder, et avait cessé d’accorder son attention à la conversation. La jeune femme sourit tristement en comprenant que, malgré sa condition de télépathe, elle ne pourrait pas venir en aider à sa nouvelle amie. Au fond d’elle-même, elle n’avait qu’une envie, hurler qu’on l’impuissance qui la maintenait fermement. Elle en avait marre d’être passive, d’encaisser sans jamais pouvoir changer quoique ce soit aux évènements qui se déroulaient autour d’elle. Se taire et souffrir, encore et toujours. Sa vie se résumait-elle à subir sans arrêt le malheur ? Certes, à 26 ans, elle devait affronter les obstacles, et accepter les conséquences qui en découleraient. Mais connaîtrait-elle un jour le repos, et le bonheur de vivre une vie normale, sans être mise à l’épreuve continuellement ? Aujourd’hui, plus que jamais, elle en doutait.

    « J’aurais voulu pouvoir t’aider Eva, crois-moi. Tu sais, si je peux faire quoique ce soit, n’hésite pas à faire appel à moi. Tu m’as épaulé, alors que depuis un mois, je suis plus que détestable avec toi. Je te rendrai la pareille, c’est promis. »

    Penelope ne brisait jamais ses serments. Enfin, pas tout à fait, elle avait rompu la promesse qu’elle avait faite à Dean, lorsqu’elle avait enfin ouvert les yeux à l’hôpital. La jeune femme lui avait juré qu’elle ne tenterait pas de s’approcher de leurs filles, du moins, tant qu’elle n’aurait pas retrouvé la mémoire. Toutefois, elle n’avait pu s’empêcher de s’introduire dans le grand Manoir qu’ils habitaient tous les quatre autrefois, pour rendre une petite visite surprise à Maddison et Rachel. Depuis, tous les soirs depuis près d’un mois, elle venait les bercer la nuit, en tentant du mieux qu’elle pouvait de leur cacher son amnésie. Penny était prête à affronter la colère du jeune homme, si jamais il découvrait la vérité, mais elle refusait tout bonnement d’abandonner ses deux trésors. La demoiselle fronça les sourcils lorsqu’Eva lui tendit une lettre. Elle venait d’affirmer que Dean était parti. Comment ? Pourquoi ? La réponse se trouvait à l’intérieur de cette enveloppe.

    Elle l’a lue silencieusement, sans s’arrêter une seule seconde. Ses yeux commencèrent à briller des larmes. Eva disait vrai, il était parti. La jeune femme était en colère, elle avait envie de tout détruire sur son passage, d’hurler jusqu’à en perdre la voix. Mais cette rage n’était aucunement dirigée vers lui. Penelope rejetait toute la faute sur elle.

    « Non, pas cette fois… Je suis allée trop loin avec lui. »

    La suite n’était certainement pas prévue, puisque Penny retrouva enfin la mémoire, après avoir vécu un mois dans le brouillard le plus total. Elle revit tous les instants passés en sa compagnie, leur première nuit ensemble, les retrouvailles sur la plage, la demande en mariage, l’arrivée de Maddie, celle de Rachel, l’achat du manoir, le mariage, la nuit de noces. Dean Winchester était présent dans tous ses souvenirs. Il était là, pour la protéger, pour la rassurer, ou tout simplement, pour l’embêter, lui rendre le sourire. Elle l’avait épousé, parce qu’au premier regard, elle avait su qu’il serait spécial. Leur amour était sans limite. C’est ce qu’elle avait toujours cru, au fond d’elle. Enfin, c’était vrai, avant aujourd’hui. En lisant sa lettre, elle comprit qu’elle l’avait détruit. Penelope Winchester avait causé la perte de l’homme qu’elle aimait. Eva la força à se rassoir, pour prendre son visage entre ses deux mains. Elle croisa le regarde Penny, vague, désespéré, déchiré par le départ de l’être aimé.

    « Eva, tu dois me dire où il est ! Si tu ne veux pas le faire pour moi, fais-le pour lui ! Tu sais comme moi qu’il pourrait ne jamais revenir, voir pire ! »

    Sa collègue lui proposa, pour éviter de briser son serment, de laisser Penelope lui extirper l’information avec l’aide de la télépathie. Elle récupéra bien vite l’adresse, et adressa un sourire triste à Eva. Penny s’apprêta à partir, mais la jeune femme lui tendit une paire de menotte, stoppant la demoiselle dans son élan. Penelope écarquilla les yeux de surprise.

    « Rassure-moi, et dis-moi que les menottes, c’est simplement pour attacher Dean et l’empêcher de fuir ! Ouf, j’ai eu un peur un instant. Merci Eva, et je te le promets, on reviendra tous les deux, et je ferai tout ce que je peux pour réparer mes erreurs, pour lui rendre le sourire. »

    La directrice embrassa sa joue. Penny s’arrêta une dernière fois pour entendre Eva lui révéler que la femme avec qui Dean l’avait trompé n’était nulle autre qu’Abigaïl. Le cœur de Penelope se serra, mais elle n’en montra rien.

    « Je ne t’en veux pas Eva, pas plus à toi qu’à Dean. Tout est de ma faute. J’ai perçu un sentiment en toi, et je tiens à te dire, que ce n’est parce que je l’ai épousé que je compte te le voler. Tu comptes beaucoup pour lui, et je ne veux pas l’éloigner de toi. Tout ce que je veux, c’est qu’il soit heureux. Avec, ou sans moi. »

    ## CLOS ##
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